Le jambon cancérigène

charcuterie-maladie

Tout n’est pas bon dans le jambon…

 

Depuis toujours, je fais attention à mon alimentation. Chez mes parents, on mélange gaiement nourriture hyper-industrielle et produits bio ou du jardin. De mon côté, en grandissant puis en prenant mon indépendance, je commençais à sélectionner de plus en plus mes produits pour, maintenant, ne prendre quasiment que du bio.

Comme beaucoup, mes grands-parents étaient agriculteurs. Bretons qui plus est.

Mon grand-père était, avant la guerre, éleveur et vendeur de chevaux. Il s’est recyclé dans l’agriculture quand les meilleurs amis de l’homme ont été remplacés par de grosses machines polluantes qui tassent la terre pour la cultiver.

Il a donc vu la révolution phytosanitaire des champs et des prés. Une révolution, car les apports de l’industrie de la chimie ont tout changé dans le monde agricole. Les connaissances empiriques de la terre, des plantes n’avaient plus de sens, car pour cultiver dorénavant, grâce à l’agriculture moderne, une équation nouvelle est apparue :

Un problème = un produit

Finalement, l’agriculture devenait plus simple et moins contraignante. Une révolution.

Plus besoin de rentrer les vaches dans l’étable le soir. Elles pouvaient bien rester dans les champs, sous la pluie, dans la boue. Ça n’avait pas d’incidence sur le lait ou sur la viande alors : quelle importance ? Elles n’avaient plus de nom (quelle importance ?), plus personne ne connaissait leur caractère (quelle importance ?).

Les talus ont été abattus, il fallait de grands champs pour de gros tracteurs. Fini l’habitat naturel de centaines d’espèces (à quoi elles servent donc celles-là ?).

Bref, le nivellement et la bêtise se sont abattus sur le monde paysan comme la misère sur le pauvre peuple.

Mon grand-père regardait cela de loin. Il avait pris sa retraite et était bien fatigué.

Qui ne pourra jamais prétendre que le travail de la terre est facile ?

Les métiers de la terre sont extrêmement difficiles.

Tous les discours de retour à la nature sont trop empreints de bisounouserie (oui, c’est un nouveau mot) qui ne tiennent pas face aux tentatives de déterrer un poireau avec une fourche. Essayer donc à l’occasion, c’est sportif !

Il se disait, quand même, qu’il devait bien avoir un revers à tous ces produits, à cette politique du rendement sans limite, aux quotas et à l’endettement. Le même qui, quelques années plus tard, allait complètement étrangler ce monde paysan dont, aujourd’hui, le taux de suicide rivalise avec celui des policiers.

Comme tous les hommes de sa génération, il avait fait la guerre. Il avait été enfermé dans un camp de prisonniers en Autriche. Ce sont des périodes noires de l’histoire de l’Europe qui lui avaient appris à se méfier des discours et des hommes.

Sur ses terres du Finistère, il a vu s’ériger ses usines à porc où sont entassées des bêtes pour qu’elles grossissent le plus vite possible pour en faire de bons jambons. Il faut bien nourrir les villes.

D’ailleurs, bien avant les algues vertes, rouges, jaunes…toutes les couleurs de l’arc en ciel vont bientôt y passer… quand j’allais dans cette belle région bretonne pendant mes vacances, il y avait souvent une puanteur bien loin de l’image de carte postale que l’on veut en faire. L’odeur du lisier, soit l’odeur des excréments des cochons élevés dans des conditions concentrationnaires.

Bel attrait pour les touristes dans un territoire qui prône l’authenticité.

Le porc breton

Depuis, j’ai grandi et la situation ne s’est pas arrangée.

Si j’ai toujours fait attention à mon alimentation, la période de l’après-cancer a été un tournant. Un cancer à 29 ans (ou plus), ça fait réfléchir. Dorénavant, je ne mange quasiment que des produits biologiques et de préférence français.

Je trouve consternant quand je vais dans une boucherie du quartier en demandant :

– Il vient d’où votre porc de ce beau rôti ?

– Ah, c’est du porc breton, Madame !

– Bon, je ne vais pas le prendre alors. Comme je suis bretonne, je sais bien qu’il n’y a pas pire (quoique…) que le porc breton.

Après, quelques lectures instructives et surtout tous ces scandales autour des pratiques des abattoirs, j’ai drastiquement réduit la consommation de viande personnelle et familiale.

Et dans une démarche complémentaire, je tente d’être 0 déchet (notamment avec mon cher lombricomposteur). Histoire de limiter mon impact sur notre planète.

Le jambon, ses nitrites, nitrates et le cancer

J’ai découvert depuis peu l’émission Cash Investigation que je trouve toujours de très bonne qualité. Le 13 septembre 2016, une enquête décortiquait la fabrication du jambon. Sur les étiquettes, il y avait mentionné « nitrites », « nitrates » comme conservateurs.

Le hic, c’est que c’est cancérigène.

Franchement, c’est moche.

Je me suis donc rendue dans mon supermarché bio du coin. Et j’ai essayé de trouver du jambon, saucisses, et autres charcuteries sans ses substances. Le constat est simple : il n’y en a pas.

Or, dans d’autres pays, ces produits existent, mais la charcuterie n’est plus rose (quelle importance ?).

Alors l’alternative, c’est le végétarisme ?

Nous verrons cela dans le billet suivant : les repas et l’école

 

Crédit photo : © serg78 – Fotolia.com

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